Paysages protégés en Ile de France

Mission photographique pour la DRIEE Ile de France En 2012, je venais de quitter la Martinique pour m’installer à Bordeaux, un peu par hasard. Par chance, mon travail photographique en Martinique était connu d’un cadre de la DRIEE d’Ile de France et je fus sollicité pour une commande portant sur les sites protégés par la loi de 1930. Je connaissait plutôt bien Paris intra-muros, mais là je fut envoyé vers l’inconnu puisque sur 40 sites les ¾ étaient situé dans la petite couronne. Ce fut un bonheur, excepté le funeste soir de juin 2014 où je me fis voler tout mon matériel de prise de vue dans le TGV qui devait me ramener à Bordeaux, la mission étant justement terminée dans l’après-midi ! Adieu ma chambre 8×10, mes optiques, un de mes Rolleiflex et cette petite fortune d’outils. J’avais proposé de traiter chaque site en un polyptique de 5 vues. Un plan large à la chambre et des explorations plus serrées au 6×6. Je dois avouer que si j’ai rempli la mission, je suis beaucoup plus satisfait du travail au Rolleiflex. Je crois que c’est une question d’espace. Les espaces parisiens, au sens large, sont souvent contraints, limités, barrés. Paris n’est pas le lieu de la photographie de paysage américaine. En revanche, le Rollei est dans son élément. On est plus facilement bon photographe avec un Rollei à Paris ! Enfin…...

Itinéraire martiniquais

Mission photographique pour la DREAL Martinique, d’après un projet personnel Pendant une dizaine d’années, j’ai quelque peu délaissé la photographie pour me consacrer au film documentaire. Je vivais depuis 2000 en Martinique et en 2007 j’y avais fait un film qui avait trouvé là-bas son public. Ce film m’avait aussi en quelque sorte révélé mon style de réalisation documentaire. Et je fus pris du désir de revenir à la photographie, justement par ce qu’on appelle le style documentaire. Rapidement, je choisissais de travailler en 8×10, découvrant en même temps les petites particularités du matériel et une partie de la tradition documentariste américaine qui m’avait jusque là échappé. Je découvrais avec ravissement Shore, Sternfeld et Soth, alors que mon inspiration initiale venait du travail de Depardon pour la DATAR et dans La ferme du Garet, de celui de Basilico également, du Written in West de Wenders, des Becher et de Sander, mais aussi et peut-être plus que tous d’Evans, pour ne parler que de photographes. Je me rendis vite compte que l’investissement nécessaire à cette nouvelle pratique était relativement conséquent et assez peu compatible avec mon amateurisme revendiqué. Je rédigeais donc, fin 2008, sur le modèle de mes scénarios de films documentaires, un dossier de présentation de mon projet photographique. Je trouvais finalement des partenaires et commanditaires et entre 2009 et 2012, j’ai donc arpenté mon ile d’adoption pour produire une des œuvres à laquelle je suis le plus...

Mon cher petit village

Projet personnel Au printemps 2011, j’étais de passage dans le village de maman, où j’ai passé toutes les vacances d’été de mon enfance et quelques années de ma vie d’adulte, bien plus tard. Je connais l’endroit comme ma poche et les milliers de kilomètres qui m’en séparaient ordinairement puisque je vivais alors à Fort-de-France ne m’empêchaient pas d’en conserver une image vivace. En piéton, le Rollei autour du cou, j’ai essayé le temps de quelques bobines de revoir ce paysage, parfois crûment, comme si quelque chose d’étranger venait se glisser par moment dans des paysages familiers. À moins que ce ne fut le contraire, que je cherche des affects connus dans des lieux devenus extérieurs à ma...

En montant, à Lille

Projet personnel Fin 2010, j’ai séjourné à Lille quelques semaines, le temps du montage d’un de mes films dans les locaux de France Télévision. Expérimenter le format carré des images 6×6 me tentait et je venais de faire l’acquisition d’un superbe Rolleiflex, mythique appareil photo de Doisneau. Souvent, les photographes sont comme des enfants face à de beaux jouets et je n’échappe pas à cette règle ! Pourtant, de cet attrait pour le matériel peut naitre une forme d’expression. La possession de l’outil n’est rien mais l’appropriation de l’outil est tout. Voici quelques images réalisées lors de promenades à Lille et aux alentours, à portée de métro, pendant ces quelques jours d’hiver chti et avec la complicité d’un soleil que je n’y savais pas si...

MTL, QC

Commande du Centre Culturel de l’Yonne, en L’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre Le bac en poche et mon Leica dans l’autre, je partais à la fin du siècle dernier à Montréal, quittant en somme ma province pour une autre, de l’autre côté. J’allais y étudier le cinéma, les fèves au lard et au sirop d’érable, et vivre une première expérience d’indépendante, pas encore tout à fait adulte, exilé et parfois frigorifié. Enfin bref, j’étais jeune étudiant migrant et la pratique de la photographie de rue était un bon moyen de parcourir mon nouveau monde. Je m’étais fait remarquer par mes premiers travaux alors que j’étais encore au lycée, et le Centre Culturel de l’Yonne m’avait attribué un budget avant mon départ pour le Québec et avait programmé une exposition des images que je ramènerais de mes errances urbaines. C’était il y a une vingtaine d’année ma première commande, un peu par hasard et sans que cela ne me transforme de facto en photographe institutionnel et professionnel. Ma pratique, certes passionnée, restera vingts ans après toujours libre et amateur dans le sens étymologique du terme. J’étais, du haut de mes vingts ans très influencé par la tradition de la photographie humaniste française et par l’instant décisif, mais je construisais déjà certaines de mes images avec parfois une symétrie qui préfigurent ce que je ferai plus tard en grand...